Fight Club (2000)

Le film :

Porté par Brad Pitt, Edward Nortonet Helena Bonham Carter, Fight Club est l’adaptation d’un roman controversé de Chuck Palahniuk. Une critique sans concession de notre société de consommation, dont le personnage principal s’extrait par la violence : pour lui faire comprendre qu’il doit sortir du système, Tyler Durden joué par Brad, détruit tout ce que possède le narrateur (Norton) et l’amène à dépasser ses limites. Un message qui a choqué une partie des critiques : le film s’est fait descendre en flammes par la majorité de la presse lors de sa sortie. Résultat : sans être un véritable échec (il a rapporté 37 millions de dollars aux US sur un budget de 63, mais s’est rattrapé à l’étranger avec 109 millions de plus), Fight Club n’a pas rapporté ce qu’espérait le studio.

Le DVD :

David Fincher est l’un des premiers réalisateurs à avoir supervisé la création de ses DVD. Pour Fight Club, le packaging a demandé deux mois de conception. Une édition simple proposait seulement un commentaire, mais un double collector mettait l’accent sur les bonus (commentaire, behind the scenes, scènes coupées, fausses pubs, storyboards…), et son contenant était aussi très bien pensé. Le film est proposé dans un coffret en carton représentant un simple paquet entouré d’une ficelle, pour que l’objet soit « simple vu de l’extérieur, afin que l’intensité et le chaos de son contenu ressorte », a expliqué Julie Markell, vice présidente du développement créatif de la Fox lors de la préparation du DVD. « Ce film est fait pour que le public se pose des questions. Son contenant, par extension, doit refléter l’expérience forte proposée par le long-métrage. »

Au sein de la première page du coffret, on trouve un fascicule qui, de premier abord, revient sur la genèse du projet, à travers des interviews de l’auteur du roman, des producteurs du film, du scénariste… Mais en y regardant de plus près, ces extraits sont entrecoupés de citations de critiques, souvent assassines, reçues par le film. A commencer par un avis de Roger Ebert, un journaliste américain reconnu, qui n’y va pas par quatre chemins : « Fight Club est le film hollywoodien le plus ouvertement fasciste depuis Un justicier dans la ville. »

Le propos du film incite les spectateurs à ne pas se fier à la pub qui les entoure ? Paradoxalement, la promo du DVD aussi ! Il fallait oser, mais ça marche : une fois l’édition épuisée, les fans ont fait pression sur le studio pour qu’elle soit rééditée. Une demande exceptionnelle qui a fini par rapporter plusieurs millions au studio. Si le film était un semi-échec, cette édition est devenue culte, prenant la première place de la liste des 50 DVD essentiels établie par Entertainment Weekly.

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